Buenas dias todos,
Oui on vous a entendu : c´est du n´importe quoi, ils ne postent plus qu´une fois par semaine mais La Bolivie ce n´est definitivement pas le Bresil ou l Argentine. Ici, tu peux passer une heure et demi a ecrire un post avec des photos comme ca m est arrive hier et pouf d´un coup plus d´electricite dans le quartier. C´est le pays le plus pauvre d Amerique du Sud et sincerement ca se voit. Pour donner un exemple, Simon a achete une petite guitare a un artisan qui avait fait 8 h de marche pour la vendre. Des que Simon a paye la guitare (30 euros...), le type est parti en lui disant tout simplement qu´il avait trop faim pour parler plus.
Bref, maintenant on a le choix entre vous raconter tout ce qui s est passe depuis deux semaines en une vingtaine de posts ou reprendre le direct et zapper le reste. Je me decide pour un compromis : un resume vite fait des derniers evenements pour pouvoir vous raconter cette soiree ENORME vecue hier soir, MANU CHAO en concert a la Paz. Pour les photos c est toujours la merde, je n arrive pas a connecter mon mac a internet. Des que possible ce sera une avalanche d images, de videos et tutti quanti.
Donc apres Campo Grande au Bresil, nous sommes partis pour le Pantanal. On nous avait pas menti : une des plus belles experiences de ma vie. Des notre arrivee on nous a installe dans un immense dortoir avec une vingtaine de hamacs alignes et une immense moustiquaire. La bas, le pire animal n est pas l alligator, la p¡ranha ou la tarentule, non c est bien le seul insecte qui meriterait d etre extermine de cette planete : le moustique. En trois jours on avait au moins une centaine de piqures chacun et les cicatrices sont toujours la apres deux semaines. Bref, on se reveille vers 6h pour une premiere marche avec notre guide Elie, un pur produit du Pantanal ne dans un des rares villages indiens restants dans le Parc. Une premiere ballade dans le Parc ou on apprend a marcher...pieds nus! Dans la jungle ca fait bizzare au debut puis ca devient rapidement une habitude. On decouvre un a un les animaux : opposum, singe hurleur, perroquets ( 3 ou 4 especes differentes), les tatous et les serpents. On enchaine l apre midi sur une deuxieme ballade. Comme promis Elie attrape un alligator pour nous. On s'entend vraiment bien avec lui et il nous a propose de le faire meme s il se l'interdit d'habitude pour ne pas les rendre trop peureux vis a vis des touristes. C'est incroyable de le voir faire : il l'approche par derriere avec une branche dont il a enleve tous les feuillages. Au bout de la branche, il pend son tee shirt qu il laisse tomber sur les yeux du reptile. Des qu'il est dans le noir, l'alligator s'endort ( le cerveau d une poule...) et il reste a Elie a se jeter sur lui en lui serrant le cou. L alligator essaie de resister puis se laisse faire. Alors il le prend par le cou et le souleve a la verticale ( on a les photos). Il me propose de le prendre, j'accepte. Avec du recul je m'en veux un peu d'avoir fait ca parce que ca ne prouve rien du tout et que l'animal etait mort de trouille au point de me pisser dessus. Un predateur qui se fait dominer, c'est pa naturel. Pecc est plus intelligent que moi et refuse de le prendre. On continue a apprendre sur la faune et la flore du Pantanal grace a notre guide qui connait vraiment tout sur le bout des doigts. Tous les guides de l'expedition sont des indiens qui parlent 5 langues dont l'hebreux ( beaucoup d'israeliens ici). Elie a vecu toute sa vie dans le Pantanal mais il comprend tout tres vite meme les situations totalement liees a notre culture europeenne et son humour est incroyable. Plusieurs fois son sens de la repartie me laisse impuissant. Je n'ai pas d'exemple sous la main mais ca restera une grande lecon d'humilite pour moi de comprendre que l'intelligence n est pas une question de geographie ou de culture... J'ai fait un podcast d'Elie mais encore une fois, les problemes de connexions m empechent de le diffuser.
Deuxieme jour : on part pour une ballade a cheval au lever du soleil. J ai une grosse apprehension avec mes souvenirs de chutes quand j'etais gamin. En fait on nous file des purs chevaux de cowboys a monter avec le moins de style possible pour que tout fonctionne. En deux heures de ballade, on est tous d accord : des que possible on refait du cheval. Les 10 dernieres minutes au pur galop du farwest resteront pour toujours dans notre memoire. Il suffit de lever les bras en l air en criant "hi ha" et c est parti. On a une video bientot en ligne qui prouve le truc.
On part dans l'apres midi a la peche aux piranhas. Alors la, il faut que je vous dise, le piranha, c est tout sauf les souvenirs que nous ont laisse les episodes de James Bond ou le mechant tombe dans un lac et se fait bouffer a vif. Non, c est la meme chose que le requin mais en plus petit. Sans une fracture ouverte qui perd 2 litres de sang a la minute, vous ne serez jamais attaque par aucun piranha meme s'ils sont 200 dans 20 litres d eau. Donc la peche aux piranhas, c'est tres simple : une canne, un fil, un morceau de viande et hop. Tout le monde dans le lac infeste avec de l eau jusqu'aux epaules et c'est comme n'importe quelle peche, il faut attendre. Je dois pas avoir les genes qu'il faut parce que meme en etant hyper patient, je ne reussi a prendre qu'une sardine ( d'eau douce, ben oui, apparemment ca existe...) et un "banana fish", espece protegee que je dois relacher... La zone totale!
troisieme jour : on avait rendez vous a 5h20 pour le lever de soleil mais notre guide ne se reveille pas!! Les indiens du Pantanal ne sont pas tres differents de ceux de Lucky Luke finalement, des qu'ils picolent c'est fini! L'occasion de le chambrer correctement qu'il balaye d un bon eclat de rire. On se fait quand meme une derniere ballade sans Pecc qui s est blesse au Volley : dechirure du mollet qui lui fait encore un peu mal. Je suis comme un fou parce qu on croise des traces de puma fraiches mais Elie refuse de le suivre sans doute pour de bonnes raisons...
Voila le Pantanal c est fini, on est tous creve par les marches a longueur de journee et le manque de sommeil mais heureux, vraiment heureux. Un jour on reviendra pour le traverser vraiment du Sud au Nord a cheval, en 10 jours ca doit etre possible.
Le bus nous ramene a la frontiere bolivienne : Corumba, ville coloniale magnifique ou on passe une nuit blanche grandiose avec Pecc a discuter de tout et de rien en jouant aux echecs. C est ca aussi un voyage, ces moments de flottement passes a discuter du sens de la vie.
A partir de la, on est toujours accompagne de Guillaume et Simon mais aussi de Sharon et Maya, nos deux copines israeliennes qui nous demontrent chaque jour que nos prejuges sur les israeliens etaient completement cons. Sur les photos ( certaines deja dispos sur le site de Guillaume et Simon), Sharon est la rousse et Maya la brune. Elles viennent de finir leur service militaire de 2 ans obligatoire et partent comme 150 000 jeunes israeliens en voyage pour un an. Quand je parlais de prejuges c est une opinion largement partagee par les voyageurs sur les israeliens qui voyagent en bande et ne s'interessent pas aux autres. Ca reste vrai pour une bonne partie d entre eux mais on a eu la preuve qu'il ne fallait pas generaliser.
De Corumba on passe la frontiere bolivienne dans des conditions desastreuses : l escroc qui nous a vendu nos billets de train pour Santa Cruz en Bolivie nous laisse a la frontiere avec nos billets et sa bonne grosse commission. Le poste de garde bolivien est une caricature : un officiel qui se retourne quand une fille passe et donne a ce moment la les papiers a remplir pour avoir le tampon. Donc t'attends en priant qu une bresilienne passe devant la fenetre et ca peut durer longtemps... Voila, on est en Bolivie, le pays le moins cher que j'ai jamais vu. On prend un taxi pour la gare qui nous coute environ 80 centimes d'euros a 4.
On enchaine donc sur le train pour Santa Cruz, premiere ville bolivienne, la deuxieme plus grande du pays qui sert aujourd hui de plateforme pour la feuille de coca (matiere brute de production de la cocaine raffinee dans la jungle bresilienne ou en Colombie) et se developpe grace a ca. Avec le recul, Santa Cruz, ce n est pas vraiment la Bolivie : c est propre (ou presque) et beaucoup trop a l europeenne.
Je passe sur l episode du train qui nous a laisse a tous un souvenir affreux, un melange d odeur d´urine, de froid glacial ( clim reglee a 12 degre environ), de boliviens qui te mettent des coups de coudes pendant la nuit juste pour te rappeler que tu n es pas des leurs et de portes qui claquent (des photos de mon doigt broye sur eautourdumonde)...
De Santa Cruz, nous devions faire un tour des missions jesuites en jeep mais le prix nous dissuade et on se decide pour un bus vers Sucre, ville typique des andes boliviennes perchee a 2800m qui, elle, est une vraie ville bolivienne avec ses choilas( orthographe?) les petites femmes boliviennes en habit traditionnel avec, une fois sur deux, un bebe perdu dans un chiffon colore qu elles s attachent dans le dos. Le marché central est le pur equivalent d une medina marocaine avec des delimitations : quartier des viandes ( et des mouches...), quartier du pain, des fruits... C'est peut etre un peu moins le bordel que la medina de Fez ou de Marakkech mais le principe est le meme. La ville, ancienne capitale de la Bolivie fondée vers 1550 est vraiment magnifique avec ses batiments coloniaux et ses grands espaces verts. Personellement, je suis vraiment tombé amoureux, Pecc confirmera ( ou non).
Nous avions prevu de partir pour le Salar de Uyuni depuis Sucre mais c'etait avant de rencontrer Nicolas, un titi parisien a la cool parti pour un mois seul en Bolivie. Comme a chaque rencontre, tout va trés vite : il habite la chambre d'a cote, nous entend parler francais et pointe sa tete par la porte ouverte. On lui propose de boire un coup ( on n'est jamais a court de whisky!) et c est parti. Il nous file alors ce bijoux de plan : Manu Chao en concert a La Paz le samedi 11. Reculer de deux jours le Salar, ou est le probleme? Ca va nous couter un peu plus cher de faire ce detour mais l'hesitation est de courte duree. On prend un bus de 15h pour La Paz.
Arrivee hier matin dans la capitale bolivienne. L'arrivee sur la ville en bus est incroyable : les montagnes alentours ne sont qu'un immense bidonville. Les maisons en brique rouge sont agrippees a la pente a perte de vue. Ce qu il faut toujours garder a l esprit dans cette ville, c est qu elle est a 4000 m d altitude. Des que tu fais 3 m en montee, au debut tu ne comprends pas pourquoi tu es essouflé puis tu te rappelles : "plus haute capitale du monde". Pecc en a fait les frais avec une grosse crise d altitude qui l'a scotché au lit toute la journee d hier. Le deuxieme gros problème du coin que tu entends prononcé trois fois par heure ici, c'est la " salmonella", la fameuse bactérie présente partout ici a cause du manque d'hygiene et qui te ramène a l'etat de legume pour une dizaine de jours. Du coup on fait attention tout le temps avec la nourriture ce qui ne nous empeche pas de tous avoir une ch.. carabinée.
Voila, enfin je peux en arriver a ce monument que nous avons vecu hier soir : Manu Chao en concert au theatre en plein air de La Paz. Nous arrivons avec un retard de 45 minutes environ sur les gradins de l'amphitheatre a cause de l interminable queue "bolivian style" ou ça parle francais de partout. Je n'arrive pas a croire la chance qu'on a de tomber sur cet artiste francais de naissance mais completement international par les paroles et une veritable idole ici en Amerique du Sud. La premiere partie ressemble a du Ska P version Bolivie avec des paroles douteuses du genre "bad mother fucker, son los gringos" que je ne traduirai pas mais un son vraiment sympa. Bon, en vrai, on attend qu'une chose, el Senior Manu Chao. Il est accompagne du Radio Bemba Sound System. Des qu il arrive, dechainement dans les gradins, c'est un dieu ici. Je danse non stop pendant les 3 h de show, un son incroyable avec la pureté su ciel bolivien, pas une once de violence dans les gradins et une ambiance que j éspère revivre un jour dans ma vie. J'ai un pensée émue pour les Psylos ( groupe de ska reggae dont je faisais partie a Centrale a Lille) quand arrive Bobby Marley que nous avons joué plus d'une fois. En verité c'est beaucoup plus qu'une pensée émue, je suis vraiment retourné...Allez, je la fais : speciale dédicace a Tom, Etienne, Mat, Flo, Grogne, Helene, Jawad, Christophe et Antoine.
En tout cas, sans doute le plus beau concert de ma vie. Voila, Manu Chao 2006 a La Paz, c'est fait. On etaient 8000 petits veinards a assister a cet evenement unique et je ne remercierai jamais assez Nicolas de nous avoir rencarder.
Merci a toi lecteur qui est arrive jusque là.
Ciao ciao
Vincent
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