Voila, on y est, dans ce monument de l'Amerique du Sud, la ville de toutes les histoires de pirate des caraïbes, le bijou de la Colombie... Carthagene!
On a quittes Bogota il y a deux jours en avion pour Barranquilla, deuxieme plus grosse ville du pays a deux heures en bus de Carthagene. Le plan au depart, c'etait de partir le plus vite possible de Barranquilla qui n'est absolument pas une ville touristique en dehors de la periode du carnaval et donc a priori une ville dangereuse mais vous avez bien compris, on a un peu besoin du danger pour se sentir exister avec Pecc. Donc, malgre nos reticences, on a choisi de rester quelques jours la-bas. Des l'arrivee a l'aeroport, le taxi, un vieux beau bronze avec une tete de capo de la drogue ( c'est comme ca qu'on appelle les gros bonnets genre Pablo Escobar ici) nous emmene vers le centre ville. On decouvre enfin un autre visage de la Colombie : gamins qui courent dans des rues bien crades, bus qui font des queues de poisson aux velos et la conduite au klaxon. La vie quoi! La on sait qu'on est en Amerique du Sud.
Donc, on file avec le taxi vers un hotel du Footprint, on s'arrete au milieu de purs Barranquillos ( ça doit etre ça leur noms...) devant l'hotel. Pecc et moi nous sommes tres bien compris : TOUT LE MONDE nous regarde. On est LES gringos du coin et de toute evidence yen a pas des masses. Je pars negocier les prix pendant que Pecc flippe dans le taxi. Je reviens content de ma super reduc mais on demande quand meme a tout hasard au mafioso si le quartier est tranquille. " Muy peligroso amigos". Ah bon, on va essayer ailleurs alors. Bref, apres un tour de plusieurs hotels on en trouve un assez cher mais plus eloigne du centre ville dangereux, avec la clim ce qui est loin d'etre un luxe ici.
Le soir meme on est parti faire un tour de la ville en mode degradé : tongs, short, tee shirt sale. Meme comme ca, on est vraiment pas tranquille. En fait ici on est un peu en Jamaïque : les habitants sont hyper bronzés ou totalement blacks et on passe pas inaperçus. Il y a un vrai racisme anti-étrangers a la con qu'il faut briser pour pouvoir parler aux gens. Bref, on fait pas long feu dans la rue surtout apres ce que vient de nous dire la gérante de l'hotel : "non pas de ce côté, quand la nuit est tombée c'est trop dangereux."
Le lendemain on part vite fait vers la gare acheter nos billets pour Carthagena avant de passer un ptit moment sur le net. On profite aussi pas mal de la télé de la chambre avec TV5, la meilleur chaîne française ( non je deconne pas) qui nous permet de rigoler un peu avec le 20h de Pujadas.
Bref, on se retrouve vite a cette enorme soirée que nous avons passée hier. Apres un bon poulet chacun, on passe devant le club de billars juste a côté de l'hôtel. Croyez-moi, on avait envie de jouer mais il fallait vraiment avoir les c... de le faire. La mauvaise salsa qui crache a fond dans les enormes enceintes, des vieux colombiens avec des têtes de Chavez, les Club Colombiano (bière locale pas dégueu du tout) et le Ron (mauvais rhum) qui tournent et les mots qui résonnent dans nos têtes " Pas ici, c'est dangereux..." Bref, on est des fous, on rentre pour se faire un billard avec l'impression réelle ou pas que toute la salle suit chacun de nos mouvements. Genre 40 paires d'yeux braqués sur ces cons de gringos qui se permettent de venir chez nous. On la joue tranquillo, on prend une table, demande un triangle (ils jouent au snooker, nous au pool) et on commence a taper dans la balle un peu tremblants. Apres une première correction a Pecc, un pur noir tout bourré commence a nous tchatcher en langage bourré (déjà l'espagnol, c'est pas encore ça alors le patois colombien bourré, c'est pas ça du tout).
Finalement le mec est sympa et on commence a accrocher. En une heure, j'ai osé lever les yeux pour voir que les joueurs se foutent totalement de nous et qu'il n'ya pas de soucis a se faire. A 5-2, Pecc est lassé de se prendre une branlée et on demande au noir (bah oui desole, j'ai pas son nom) et a son pote si ils veulent bien jouer avec nous. Ils acceptent et le temps de se faire laminer, on se rend compte et surtout eux qu'on est pas si différents. Encore une belle leçon d'humanité. S'intégrer dans un milieu de purs colombiens, c'est possible. On se quitte bons amis malgré notre lourde défaite (c'est pas comme s'ils jouaient tous les jours et nous jamais...). En partant le vieux de la vieille, celui qui habiterait dans le club si sa femme ne l'attendait pas a la maison me choppe la main. Je me retourne pas tranquille. " Vous voulez en faire une?" Quoi? Ce type, le meilleur de la salle, nous demande de jouer avec lui? Il doit avoir envie de se faire deux gringos. C'est toujours sympa de se faire un ptit gringo bien naïf en fin de soirée, peut-être même qu'il va nous torturer dans son pick-up ...
Mais non, encore une fois, il est sympa ce mec. Il a du nous voir discuter avec les autres et a décidé que yavait pas de raison que lui non plus il soit pas pote avec les touristes. Finalement on jouera jamais contre lui (et ça vaut mieux, si si, juré) mais on s'est bien marré avec lui et son pote qui voulaient qu'on se rase la barbe si on perdait.
Voila, on sait pas si ces gens là étaient racistes avant de nous connaître mais évidemment quelque part, on éspere les avoir fait changés d'avis. En tout cas, on est sur qu'on peut aller n'importe où dans le monde. Si on n'a pas peur des gens, eux non plus. Je vais pas tirer une conclusion a la con mais c'est clair qu'on a passé une soirée excellente dans un endroit ou on aurait jamais du rentrer si on avait suivi les guides.
Ce matin, bus pour Carthagene. On vient d'arriver et tout ce qu'on peut dire, c'est que c'est magnifique et hyper touristique. Les remparts qui entourent la vieille ville ont vu suffisamment d'histoires de pirates, de galions remplis d'or et de goelettes de conquistadors pour qu'on passe quelques jours sympathiques dans le coin.
Bonne nuit les frenchies,
Vincent
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