Cette fois, ca fait deja trois jours qu'on vit a Bogota et la vision des choses s'affine petit a petit.
D'abord, la vision du danger des colombiens nous surprend jour apres jour. Le mot qu'on entend le plus ici apres "bienvenudo", c'est "periculoso", dangereux en francais. Evidemment, ils sont beaucoup mieux places que nous pour evaluer le danger qui peut exister dans leur pays mais notre impression vraiment persistante c'est que ca vire a l'obsession un peu comme on a pu le connaitre il y a pas si longtemps en France, le syndrome du "sentiment d'insecurite" que propage largement les medias. Pour donner un exemple tres simple, on a voulu sortir de l'auberge de jeunesse (notre nouvel hotel) a minuit hier soir et on apprend que les portes sont fermees, qu'il faut payer le gardien pour sortir. Ok, on paye le gardien (presque le meme prix que la nuit...), on sort dans la rue a pied. Et la, on hallucine : tout est mort. On est en plein dans la Candelaria, le quartier boheme et etudiant de Bogota ( un peu le quartier latin a Paris) et les trois bars encore ouverts sont vides! Evidemment, il y a toujours l'armee en faction a presque tous les coins de rue et donc, pour nous, une impression de securite obsessionelle : on s'est jamais senti autant surveillee par les "forces de l'ordre" qu'ici. Buenos Aires, La Paz, Lima c'est Bagdad a cote de Bogota... Conclusion : le risque qui existe dans le pays a du transformer les colombiens au point que meme les etudiants du plein centre de Bogota rentrent chez eux a minuit.
Ce qui est sur c'est qu'on a traverse la Candelaria a pied hier soir et qu'a aucun moment on a eu peur de quoi que ce soit. Evidemment on pourrait croire que les Farcs peuvent a tout moment attaquer le palais presidentiel comme ca s'est passe il y a 6 ans ou que tous les jours les narcos tirent sur l'armee mais plusieurs temoignages nous ont confirme qu'il ne s'etait rien passe dans le centre de Bogota depuis cette guerillera. Donc, nous on desespere pas de trouver la fête a Bogota ou en tout cas d'essayer de comprendre mieux cette obsession securitaire.
Les colombiens sont les gens les plus gentils du monde. Il parait que tout le monde qui a voyage en Amerique du Sud sait ca, nous pas. On s'en est rendu compte tres vite : Leila, la fille de l'avion qui nous appelle un taxi, attend avec nous et nous laisse son num de telephone "en cas de probleme" ; les taxis justement qui nous disent " vous payez ce que vous voulez"(vrai de vrai) ; le serveur d'un resto qui nous accompagne dans la rue pour trouver un taxi et, ce matin encore, la gerante d'une laverie qui nous envoie chez son concurrent parce que ses delais sont trop longs... Je pourrais vous citer encore 10 autres exemples differents comme ceux-la mais c'est juste incroyable la chaleur humaine qui peut exister dans ce pays. On a essaye de cherche une explication : on fait partie des rares touristes qui osent entrer ici (sans pretention, les seuls gringos croises etaient les israeliens qui vivent dans notre dortoir), la Colombie aime les francais, l'insecurite renforce les liens humains... Pas encore trouve d'autre reponse que "les colombiens sont exceptionnels". Nous, ca nous va bien comme ca!
Voila, sinon on va surement aller faire un tour au Musee del Oro qui est parait-il magique. Pas encore pris le temps de visiter quoi que ce soit et il est temps.
On va se decider rapidement pour notre prochaine destination : Carthagena, la magicienne ou Cali, la ville avec les plus belles femmes du monde d'apres plusieurs temoignages ( oui, ca n'est pas une legende non plus, les colombiennes sont magnifiques!) ou Medellin... On va aller voir les bus dans la journee pour etre sur de voyager de jour, on nous l'a recommande. Autant on peut nier le danger dans le centre de Bogota, autant il existe vraiment dans les campagnes du pays...
Hasta luego amigos
Vincent





Bonjour,
Beau récit...
Mais danger en espagnol se dit "PELIGROSO" !
Bonne suite et bonne route à vous.
Rédigé par: Oli | lundi 09 juin 2008 à 14:54